Production musique et vidéo

Démo


Préparation de la démo
Afin de décrocher de bons concerts ou même un contrat d’artiste, un groupe a besoin d’un enregistrement studio représentatif, que l’on appelle une démo. Aujourd’hui, les exigences sont très élevées même pour une démo. Puisque la majorité des groupes envoient des démos très bien produites, les organisateurs sont exigeants et attendent la meilleure qualité possible. Qu’un organisateur puisse détecter le potentiel d’un groupe sur la base d’une démo de mauvaise qualité reste une grande exception.

Il est inutile d’enregistrer 10 ou 20 morceaux sur une démo. Mieux vaut arranger, jouer et enregistrer le mieux possible les trois meilleurs morceaux. Il est peut-être utile de consulter une personne externe (producteur) déjà lors de cette phase, afin d’obtenir des résultats optimaux. Travailler avec un producteur artistique offre l’avantage de faire valoir l’avis d’une personne neutre et expérimentée lors de la prise de décisions. Les morceaux choisis sont préparés en détail avec le producteur, afin que chacun sache précisément ce qu’il doit faire dans le studio d’enregistrement et qu’il connaisse parfaitement ses parties. Un groupe dont tous les musiciens peuvent jouer au métronome possède un sérieux avantage.

Le groupe et le producteur doivent décider de la manière dont la production doit sonner, du temps qu’ils sont prêts à passer en studio et du montant qu’ils sont prêts à investir dans la production. Une planification précise du budget, devant tenir compte du loyer du studio, des frais de voyage, des nuitées, des honoraires de l’ingénieur du son et du producteur, etc., doit empêcher que les coûts ne dépassent le budget prédéfini. Un minutage approximatif et réaliste du temps en studio devrait également être établi. Il ne faut pas commettre l’erreur de gaspiller trop de temps pour l’enregistrement et de n’en avoir presque plus à disposition pour le mixage. Il serait préférable de passer peu de temps à l’enregistrement et beaucoup au mixage. Il faut également prévoir suffisamment de temps pour l’enregistrement du chant!

Travail dans le studio d’enregistrement
En fonction de la taille et de l’équipement du studio d’enregistrement, différentes techniques peuvent être utilisées pour l’enregistrement d’un morceau. Certains groupes s’organisent de telle sorte que chaque morceau puisse être enregistré directement live. Ils ne font pas de retouches en cas d’erreur, mais recommencent à jouer le morceau dès le début jusqu’à ce qu’il soit enregistré dans son intégralité.

Le mode de travail le plus répandu consiste toutefois à avoir le groupe entier jouant les morceaux ensemble. On ne gardera ensuite définitivement que la section rythmique du groupe (basse, batterie, éventuellement guitare rythmique). Les autres instruments et le chant servent de points de repères et sont ensuite réenregistrés. Les overdubs comme les passages de synthé ou de guitare, les chœurs et les solos sont également enregistrés par la suite. Le groupe devrait essayer d’éviter autant que possible des overdubs rythmiques, ceci afin de maintenir le caractère live de l’enregistrement.

Pour un jeune groupe qui enregistre pour la première fois dans un studio, le mode de travail et l’atmosphère d’un studio d’enregistrement sont très inhabituels. Jouer avec un casque sur la tête peut également déstabiliser quelques musiciens. Il est par conséquent très important de choisir un studio d’enregistrement dans lequel on se sente bien. De bonnes relations avec le producteur et l’ingénieur du son jouent également un rôle important. Les instructions du producteur et de l’ingénieur du son doivent être suivies à la lettre, afin que la production sonne bien. La mise en place des microphones, le réglage du son et les retards éventuels occasionnés par une soudaine panne d’équipement coûtent du temps et exigent de la patience de la part des musiciens. Cela fait toutefois partie du quotidien dans un studio d’enregistrement.

Le mieux serait de faire un rough mix une fois l’enregistrement terminé et de faire une pause de plusieurs jours, afin de prendre un peu de distance et de reposer ses oreilles. C’est lors du mixe final que l’ingénieur du son et le producteur peuvent utiliser pleinement leur créativité et marquer le son d’une touche personnelle.

Responsabilités des producteurs
Le métier de producteur est dérivé de celui d’arrangeur dans la musique classique. A l’époque où les enregistrements de musique n’existaient pas, les arrangeurs retravaillaient les compositions d’un artiste essentiellement en modifiant les partitions. Ils donnaient leur touche personnelle aux compositions en construisant un arrangement orchestral complet autour de la composition. C’est d’ailleurs toujours le cas dans la musique classique aujourd’hui.

Dans le domaine de la musique pop et rock, le producteur n’occupe pas seulement la fonction d’arrangeur dans le strict sens du terme, mais il remanie une composition en employant des moyens modernes et en intégrant par exemple divers effets, des sons, etc. C’est également lui qui décide quand et à quels endroits ces ‘artifices’ entrent en action et à quoi doit ressembler la production dans son ensemble. Il est par ailleurs responsable des préparatifs, du choix du studio d’enregistrement et de l’ingénieur du son ainsi que de l’utilisation optimale du studio d’enregistrement pour éviter toute perte de temps. Il doit avoir une oreille musicale, être créatif et flexible. Il doit aussi avoir de la patience et faire preuve de compréhension par rapport aux musiciens. Le producteur devrait en outre connaître les possibilités techniques existantes permettant de modeler le son d’une production. Un producteur artistique joue souvent un rôle déterminant dans l’évolution de la carrière d’un groupe. Il peut aussi prendre un groupe sous contrat grâce au dénommé contrat d’artiste. Il s’engage en contrepartie à réaliser des enregistrements avec le groupe qu’il proposera ensuite à une maison de disques (contrat de licence) contre une participation au chiffre d’affaires équivalente.

Un groupe a évidemment la possibilité de s’autoproduire. Il est toutefois très appréciable de faire appel à un producteur venu de l’extérieur. De nombreux arguments font pencher en faveur de cette option dont:

  • Connaissance des possibilités techniques
  • Expérience de compositeur et d’arrangeur de la musique en question
  • Opinion neutre et objective de la musique
  • Nouvelles impulsions· Querelles évitées (qui décide du son???)
  • Répartition effective des tâches
  • Contact avec la branche

Le terme de producteur est équivoque et prête de ce fait souvent à confusion. Il existe d’une part le « producteur commercial » (record producer et executive producer), d’autre part le « producteur artistique » (producteur), dont les compétences sont différentes mais qui sont tout de même réunies sous une même appellation.

Producteur commercial (record company)
Le producteur commercial sous-entend la société qui se charge d’une production à ses frais et en prenant tous les risques (record producer et executive producer). Il s’agit la plupart du temps d’une maison de disques ou d’un groupe. On nomme aussi producteur celui qui fait fabriquer pour la vente des supports sonores comme des CD, des cassettes, etc. Si l’on suit ce raisonnemment, un groupe qui reproduit ses propres phonogrammes est lui-même aussi producteur.

Producteur artistique (producer)
Bands und Musiker reden im allgemeinen vom Künstlerischen Produzenten (producer), der für den Sound der Produktion und den reibungslosen Ablauf der Aufnahmen verantwortlich ist. Der künstlerische Produzent erhält vom Wirtschaftlichen Produzenten den Auftrag zur Ausführung und Überwachung einer Musikproduktion nach dessen Budget-, Termin- und Soundvorstellungen.

Studios
Les morceaux sont transformés en démo ou en CD dans un studio d’enregistrement. Un studio d’enregistrement digne de ce nom est équipé de plusieurs salles ayant une bonne acoustique, des micros, des supports de micros, des câbles, une cabine avec une table d’enregistrement, un bon système d’écoute, des appareils multipistes (de plus en plus un système digital aujourd’hui), des appareils à effets, éventuellement des équipements midi et une salle de repos. Certains studios disposent de chambres permettant d’y passer la nuit, d’une douche et d’une cuisine. Les studios d’enregistrement prolifèrent en Suisse comme des champignons jaillissant du sol après la pluie. La Suisse a en effet une des scènes de studios les plus denses du monde. On y trouve là encore toutes les gammes de prix et de qualité.

Studios de projets
La variante la plus économique et la plus courante est celle des studios de projets tarvaillant avec un système digital. Cette solution est utilisée la plupart du temps dans la musique électronique. Installé dans une seule salle, ce genre de studios ne convient pas vraiment aux enregistrements de qualité, mais peut servir à la production de démos potables. Certains groupes optent pour cette solution et produisent leurs démos dans leur local de répétition. L’investissement de temps et le travail fourni par des ingénieurs du son inexpérimentés sont énormes, la qualité des enregistrements ainsi obtenus en souffre. Nombre sont les musiciens qui ont compris, après des débuts euphoriques, qu’avoir un bon équipement ne signifie pas nécessairement faire un bon enregistrement.

Studios d’enregistrement moyens
Le terme ‘moyens’ est peut-être un peu malheureux parce que la qualité du travail de ces studios n’est pas remise en cause. Il s’agit plutôt d’une différence dans le prix des prestations. Les ingénieurs du son travaillent à mi-temps ou à plein-temps dans ce genre de structure et possèdent par conséquent une solide expérience du métier. Il est possible d’enregistrer d’excellentes bandes à des prix honnêtes. Au niveau technique, ces studios disposent d’un très bon matériel et possèdent au moins une salle d’enregistrement et la régie dans une pièce séparée. Fourchette de prix: de Fr. 500. — à Fr. 800. — par jour ingénieur du son compr.

Studios d’enregistrement de grande qualité
Et il y a évidemment la catégorie au-dessus, celle qui compte les studios les plus chers, le nec plus ultra, avec le meilleur équipement et les meilleures salles d’enregistrement possibles et imaginables, que les professionnels de l’étranger utilisent eux aussi volontiers. Ces studios possèdent également une infrastructure appropriée comprenant notamment des salles de détente, des salles de repos (dortoir), des douches, des cuisines, etc., ce qui peut s’avérer être une solution plus économique et plus rapide lors de productions plus longues, étant donné que tous les participants se trouvent dans un seul endroit. Fourchette de prix: de Fr. 900. — à Fr. 1’200. – par jour sans ingénieur du son.

Astuces
On oublie souvent qu’un bon équipement et de bonnes salles d’enregistrement ne suffisent pas à faire une bonne production. La chose la plus importante est ce que vont en faire l’ingénieur du son et le producteur. Il existe aujourd’hui en Suisse des ingénieurs du son/producteurs qui connaissent bien leur métier mais qui coûtent chers. Lorsqu’on choisit un studio, il faut savoir ce dont l’homme/la femme derrière la table de mixage est capable mais aussi de quelles expériences et références il/elle peut attester, afin que le groupe ne tombe pas des nues, déçu par un résultat peu convaincant.

Production vidéo

Histoire
Le rapport entre les sons et les couleurs a déjà été décrit par les philosophes de la nature grecs (les milésiens). Il continue d’être l’objet d’études et d’expériences scientifiques aujourd’hui. La théorie des couleurs la plus célèbre du XXe siècle est celle échafaudée par Goethe selon laquelle on attribue un son à chaque couleur.

Le vidéo-clip stricto sensu (anciennement scopitone et soundie) existe depuis les années trente et a connu une vague de popularité croissante depuis 1945 grâce au triomphe que firent le rock‘n‘roll et la pop. Les premiers clips commerciaux sont arrivés sur le marché au début des années 80. Utilisé à l’origine comme un outil promotionnel (spot publicitaire) vantant les mérites d’un nouveau single ou d’un nouvel album, le clip se transforma progressivement en support/média autonome. Des chaînes comme MTV et VIVA vivent de la diffusion de ce genre de vidéo-clips.

Production de clips – Un outil indispensable?
Le clip est devenu un outil promotionnel indispensable sur la scène musicale internationale. Un groupe suisse a-t-il absolument besoin d’un clip?

Dans les années nonante, les chaînes du service public ont rayé tout à tour les émissions de musique de leurs programmes, de sorte qu’il devint inutile d’investir beaucoup d’argent dans la production d’un clip. Investir dans un petit backline, dans un nouvel équipement ou dans la production d’une nouvelle démo s’avéra bien plus sensé. On doit aujourd’hui encore se poser la question de la nécessité d’investir dans un clip.

Cette décision dépend en premier lieu du style et de la qualité du produit musical dont il fait l’objet. Investir dans un vidéo-clip ne vaut pas la peine quand on est un groupe de heavy-métal ou de jazz, en revanche, les combos pop, dance et r&b sont pratiquement obligés de passer par là pour promouvoir leur produit. Il existe dans l’intervalle à nouveau quelques émissions de musique aussi bien sur les chaînes du service public que sur les chaînes privées. Lors de la prise de décision quant à la réalisation d’un clip, il est donc nécessaire de se poser objectivement la question si celui-ci est compatible avec la couleur de Viva, par example, autrement dit s’il peut être intégré dans son programme. Il est donc bienvenu de discuter du bien-fondé d’une telle démarche avec le responsable de ce programme avant de se lancer dans la production d’un clip.